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Le Low Carbon Farming – Petite explication

Bon alors, ici je travail sur le LCF (Low Carbon Farming), c’est bien…mais c’est quoi le LCF ?

 

L’origine du projet :

 

Le Low Carbon Farming  offre la possibilité aux fermiers de capitaliser sur le marché du carbone, en passant à une agriculture plus durable. Cette pratique réduit leurs couts de production tout en séquestrant le carbone (=stockage à long terme du dioxyde de carbone dans le sol) et réduisant ses émissions ,et donc son impact sur l’environnement.  Le secteur agricole est un secteur clé dans la mise en place de telles pratiques. En effet, les gaz à effet de serre issus de l’agriculture représentent 14%  du total mondial.  En Inde, ce taux s’élève à 28% des gaz émis sur l’ensemble du territoire.

 



Ces 15 dernières années, les fermiers indiens ont été pris eux aussi par la folie de l’agriculture
traditionnelle intensive. N’ayant pas les connaissances requises pour ce type de pratique (enfin, si l’on peut dire que polluer notre  nourriture, notre environnement et notre organisme pour la gloire du profit soit une connaissance…) ils ont utilisé pesticides et fertilisants sans se rendre compte des répercussions. Aujourd’hui, tous les fermiers que je rencontre me disent qu’ils se rendent compte que leur sol s’est détérioré mais qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre. Bien que l’agriculture biologique soit une solution idéale pour l’environnement et la santé, dire aux paysans de passer tout simplement à cette pratique reviendrait à ignorer leurs contraintes quotidiennes. Ne vivant pas dans un monde parfait il a fallu laisser l’idéalisme de coté et trouver une situation adaptée à ces fermiers. En effet, le remplacement des pesticides et des fertilisants par des concoctions naturelles entraine une meilleure qualité de produit et même une meilleure productivité, mais ces résultats ne sont visibles qu’après 2/3 ans (pour la productivité). Ces fermiers, qui vivent déjà de très peu, ne sont pas prêts ou ne peuvent tout simplement pas se permettre d’avoir une baisse de production durant 2 ans. C’est pour parer à ce problème qu’a été développé le LCF. Un bon nombre de pratiques ont été mises en place afin de limiter puis petit a petit  éliminer l’utilisation de produits chimiques et réduire les émissions de gaz a effet de serre. En agissant sur ces 2 points les fermiers réduisent d’une part leurs couts de production et bénéficient d’autre part de revenus supplémentaires, issus de la vente des URCE (Unités de Réduction Certifiée des Emissions) sur le marché du carbone. L’objectif final de mon travail ici est également de détecter un marche sur lequel ces paysans bénéficieront d’un meilleure prix pour ce type de produits. De cette manière, le LCF représente une étape pour eux qui mènera à terme à une agriculture biologique...dans l’idéal.

 

Quelques exemples de technologies du Low Carbon Farming :

 

 

Quelles sont donc ces pratiques à mettre en place pour réduire les gaz à effets de serre ?

 

-  Limiter voir éliminer le labour des champs, soit,  préparer le sol au semis sans  retourner la terre comme durant un labour ou la travailler moins profondément. Cette pratique permet de conserver la richesse du sol en CO2 et matière organique induite par le climat chaud et humide et réduit les émissions de Ch4 (méthane), N2O(Azote) et CO2 (dioxyde de carbone).

 

-  Opter pour la polyculture (= cultiver plusieurs espèces de plantes dans une même exploitation agricole) et la culture de rotation. La rotation des cultures améliore la fertilité du sol pendant que la polyculture apporte une sécurité alimentaire (par exemple, en cas de chute sur le marché d’une des cultures les autres permettent d’absorber une partie des pertes). De plus ces pratiques réduisent les émissions de Ch4, N2O, CO2 et séquestre le CO2 dans le sol.

 

-  Changer le moment, la, quantité et la fréquence d’utilisation des fertilisants ou autres intrants consommant de l’énergie, permet de réduire les émissions de Ch4, N2O et séquestre le CO2 dans le sol.

 

-  Changer le type de bétail et leur régime alimentaire afin de réduire la quantité de méthane rejetée par leur système digestif.

 

-  Convertir les terres agricoles en prairies entre plusieurs cultures et déplacer les troupeaux plus souvent améliore la quantité et la qualité du fourrage sur les pâturages ainsi que la fertilité du sol.

 

Je reviendrais plus en détail sur ces différentes méthodes lors de textes futurs appuyés de photos.

 

Il y a en tout cas beaucoup de choses a faire et bien que ce soit dans leur propre intérêt il est encore difficile de faire changer l’état d’esprit des fermiers. Mais la machine est lancée et ne semble pas prête de s’arrêter !!



05/05/2012
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